Je conçois mon existence comme un voyage, un réceptacle où s’entasse toutes sortes de souvenirs, visuel et mental. Le choix de la peinture, depuis mon enfance, fut la meilleure façon d’en rendre compte. Donner la part belle à tout ce fatras, de le rendre tangible, dans un cheminement sans fin, inlassable, inépuisable qui ne peut se dire que par allusion, suggestion, métaphore poétique.
Par la méditation de l’œuvre, il y a comme une intensification de la vie, une actualisation de sa dynamique émotionnel. Parce que les couleurs, les formes, la matière éveillent en nous des forces dont elles sont l’expression. Lorsque je commence à peindre, il s’agit pour moi de faire le vide, en somme d’être en accord avec la page blanche. Je n’ai aucune intention préalable, ni de dessin préparatoire, je pars à l’aventure à l’instinct dans l’instant le but étant de laisser remonter peu à peu, étape par étape « quelque chose » du tréfonds de ma mémoire. Le temps est alors aboli, sans importance, l’image se réveille peu à peu, prends tous on sens intime et émotionnel.








































