Autodidacte, Francine Junka est une artiste peintre qui peint depuis son enfance.
Remarquée à l’âge de vingt ans par un premier prix régional, elle participe dès lors à de nombreux salons régionaux et nationaux.
Dans les premières années, elle utilise la nature morte comme champ d’expérimentation et s’appuie sur des maîtres tels que Picasso, Braque ou Juan Gris.
Les thèmes qu’elle développera par la suite sont déjà en gestation dans cette première période, notamment celui de la nature, avec une observation quasi méditative du monde qui l’entoure, mais aussi celui plus introspectif de sa relation au temps.
Dans les années 1970, elle expose à Biarritz une série de natures mortes mais aussi une profusion d’oiseaux qu’accompagne la musique envoûtante de Messiaen.
L’univers poétique est déjà présent et indéniable, il n’est pas rare que ses tableaux voisinent sur les cimaises avec des textes et des poèmes (Neruda, Lorca, Beaudelaire, Gilson ou Desnos. Mais la poésie est surtout dans l’inspiration du peintre, de même que dans la conception et la composition de ses œuvres.
Pierre Espil, écrivain et critique d’art.
De 1978 à 1980, elle peint une série de toiles sur le thème du temps, où elle met en œuvre différentes techniques telles que le grattage, le dripping, l’introduction de collages de vieilles photos couleur sépia. Certains supports sont teintés au noir de fumée et craquelés au feu. Horloges et atmosphères d’arrière saisons, les couleurs résolument bitumineuses ont une mélancolie proustienne.
Elle expose à la Galerie Lubin d’Angoulême en 1980.
En 1981 Francine Junka obtient un premier prix de la ville d’Anglet qui fait l’acquisition d’une toile intitulée “le sablier” pour figurer dans sa collection.
La même année, elle reçoit le prix de l’ADAC à Biarritz et la ville achète le tableau “Chrysalides”, une grande toile aux entrelacs de tissages où apparaissent des visages féminins.
En 1985 elle expose au centre culturel de Bayonne une série de toiles qu’elle a intitulée “Une journée particulière” et qu’elle explique elle même en ces termes: “Étendre des draps c’est mêler son intimité à celle du vent et du soleil…”. Cette série marque une sorte de cassure avec le côté grave et sombre de ses travaux précédents; le climat de sérénité, de communion avec la nature est rendu ici avec une extrême économie de moyens; la lingerie est transparente, diaphane, sur de grands aplats gris-bleu. L’espace et le silence qui émanent de ses toiles ne sont pas sans rapports avec le changement radical dans la vie de l’artiste qui a choisi de s’installer à la campagne, loin de l’agitation du monde.
- 1983: Salon Art Expo à Dallas (USA)
- 1985: Galerie municipale de Guernica (Pays-Basque, Espagne)
- 1986: Musée Ingres à Montauban.
En 1987, elle part pour le Maroc et s’y installe pour six ans. Ce nouveau changement de vie confirme son goût pour la lumière et pour les couleurs dans toutes leurs déclinaisons. Son étude sur les drapés lui a donné le goût de la peinture réaliste avec ses effets d’ombres et de lumières sur les formes et les textures.
Le jeu consiste à s’approcher autant qu’elle le peut de la matière des choses, de rechercher des équilibres picturaux d’une infinie subtilité. Elle n’est pas loin au fond du “Parti pris des choses” de Francis Ponge pour qui “la richesse de propositions contenue dans le moindre objet est si grande qu’il ne conçoit pas de rendre compte d’aucune autre chose que des plus simples : une pierre, une herbe, un morceau de bois.”
Pour Francine Junka, chaque objet devient un monde en soi, un territoire à découvrir. Elle peint une série de toiles représentant des palissades de chantiers de Casablanca, des caisses en bois patinées par le temps, des galets, des coquillages et des fenêtres aux ferronneries ouvragées des médinas.
Elle présente plusieurs expositions personnelles à Rabat et Casablanca, notamment en 1993 à La Chorfy Art Galery, exposition présidée par le ministre marocain de la Culture, M. Allal Sinaceur.
En 1992, elle expose au salon Comparaisons au Grand Palais à Paris. 1993 marque son retour en France. Elle renoue avec le silence de la campagne. Elle retrouve l’alternance des saisons, les longues journées de pluie, l’odeur du feu de bois. La nature envahit ses toiles.
Ce retour aux sources la remet en phase avec sa propre nature profonde. Pour F.Junka, la peinture est une aventure, une fulgurance des sensations qui ne peut se satisfaire de codes pré-établis. C’est ainsi qu’elle se détourne de la forme classique du trompe-l’œil car elle en a très vite ressenti les limites, l’enfermement. Évitant le piège d’un savoir-faire qui devient un but en soi, elle donne libre cours à toute son amplitude créatrice, menant de front, la forme et le fond, dans une œuvre singulière, riche et profonde.
Résolument poétique, elle nous donne à voir, à respirer, ce troublant silence, cette magie en même temps insolite et familière.
Pierre Espil, écrivain et critique d’art.
Les œuvres de la série intitulée “repères” sont inspirées de la nature, plusieurs expositions seront rattachées à ce thème :
- En 1995 à la galerie Ror Volmar de Paris
- En 1996 à l’Atalante (Bayonne)
- En 1999 elle obtient le prix national Julien Féron et expose de 1999 à 2001 à la galerie Tuffier aux Andélys.
En 2000, elle est invitée à participer au salon “Les maîtres Français du Trompe-l’œil” qui se tient à Carquefou, aux côtés de Claude Yvel, Pierre Gilou, de Paolo Intini…